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Pollution au charbon : un frein invisible au rendement des panneaux solaires

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Présentée comme l’une des clés de la transition énergétique mondiale, l’énergie solaire pourrait voir son efficacité sérieusement limitée par… les centrales à charbon. C’est la conclusion d’une étude publiée dans la revue scientifique Nature Sustainability, qui met en lumière l’impact direct de la pollution atmosphérique sur les performances des installations photovoltaïques.

Les chercheurs ont analysé plus de 140 000 installations solaires à travers le monde en croisant leurs données de production avec des relevés atmosphériques liés à la qualité de l’air. Leur constat est sans appel : les particules issues de la combustion du charbon réduisent significativement la quantité d’énergie que les panneaux sont capables de produire.

Des particules qui bloquent la lumière du soleil

Le phénomène repose principalement sur les aérosols rejetés dans l’atmosphère par les centrales à charbon. Ces fines particules diffusent et absorbent une partie du rayonnement solaire avant qu’il n’atteigne les panneaux photovoltaïques.

Résultat : les installations captent moins de lumière et produisent donc moins d’électricité. Selon l’étude, la production solaire mondiale aurait été inférieure de 5,8 % à son potentiel réel en 2023 à cause de cette pollution atmosphérique.

Les chercheurs expliquent également que ces particules influencent la formation des nuages, ce qui accentue encore davantage la baisse du rayonnement solaire disponible.

Charbon et solaire : une coexistence contradictoire

Le principal auteur de l’étude, le Dr Rui Song, souligne une contradiction majeure observée dans plusieurs pays : le développement simultané du charbon et du solaire.

Dans de nombreuses régions, les installations photovoltaïques se multiplient alors même que des centrales thermiques fortement polluantes continuent de fonctionner à proximité. Cette situation crée un paradoxe énergétique : les infrastructures censées accélérer la transition écologique voient leurs performances dégradées par les énergies fossiles.

Pour les chercheurs, la pollution atmosphérique ne représente donc pas seulement un problème sanitaire ou climatique, mais aussi un obstacle direct à la rentabilité des investissements dans le solaire.

La Chine particulièrement touchée

Premier producteur mondial d’énergie solaire, la Chine apparaît comme le pays le plus concerné par ce phénomène. Selon les auteurs de l’étude, certaines zones situées près des centrales à charbon enregistreraient jusqu’à 29 % de pertes de production solaire.

Cette situation illustre les difficultés auxquelles fait face le pays, engagé dans une expansion massive des énergies renouvelables tout en restant très dépendant du charbon pour répondre à ses besoins énergétiques.

Les scientifiques estiment que la réduction progressive de la pollution liée au charbon pourrait améliorer considérablement le rendement des installations photovoltaïques existantes, sans même construire de nouveaux panneaux.

Des enjeux économiques majeurs

Au-delà des questions environnementales, cette baisse d’efficacité représente également un coût économique important. Une production solaire réduite signifie moins d’électricité injectée dans les réseaux et une rentabilité affaiblie pour les exploitants.

Dans un contexte où de nombreux États investissent massivement dans les énergies renouvelables pour atteindre leurs objectifs climatiques, ces pertes pourraient peser sur les stratégies énergétiques à long terme.

Les auteurs de l’étude plaident ainsi pour une réorientation plus rapide des politiques publiques et des subventions énergétiques.

Réduire la dépendance au charbon

Pour le chercheur Chenchen Huang, co-auteur de l’étude, les gouvernements doivent désormais limiter davantage les aides accordées aux énergies fossiles, notamment au charbon.

L’objectif serait double : réduire les émissions polluantes responsables du réchauffement climatique, mais aussi améliorer l’efficacité des infrastructures renouvelables déjà installées.

Cette étude rappelle finalement que la transition énergétique ne dépend pas uniquement du développement des énergies vertes. Elle nécessite également une réduction rapide des sources de pollution capables d’en limiter les bénéfices.

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