Omniprésents dans l’environnement, présents dans certains aliments, textiles, emballages ou ustensiles du quotidien, les PFAS inquiètent de plus en plus les autorités sanitaires. Face à ces substances chimiques surnommées « polluants éternels » en raison de leur extrême persistance, le ministère de la Santé a publié de nouvelles recommandations pour aider les Français à limiter leur exposition. Sans solution miracle pour les éliminer de l’organisme, des gestes simples peuvent toutefois faire la différence.
Le ministère de la Santé a diffusé hier 22 plusieurs documents destinés au grand public et aux professionnels de santé afin de mieux informer sur les risques liés aux PFAS, ces composés per- et polyfluoroalkylés largement utilisés depuis des décennies dans l’industrie.
Des substances présentes partout
Les PFAS se retrouvent dans de nombreux objets du quotidien : poêles antiadhésives, emballages alimentaires, vêtements imperméables, cosmétiques longue tenue, mousses anti-incendie ou encore certains revêtements industriels. Leur particularité : ils se dégradent très lentement dans l’environnement et peuvent s’accumuler dans l’eau, les sols, la chaîne alimentaire… puis dans le corps humain.
Selon les autorités sanitaires, toute la population est exposée à des degrés divers. Mais certaines catégories sont davantage concernées, notamment les salariés travaillant dans des secteurs utilisant ces substances, les habitants de zones particulièrement contaminées, ainsi que les femmes enceintes, les nourrissons ou les personnes allaitantes.
Varier son alimentation pour limiter les risques
Premier conseil mis en avant par le ministère : diversifier son alimentation. L’idée est d’éviter une exposition répétée via les mêmes sources alimentaires. Il est ainsi recommandé de privilégier les produits de saison, de cuisiner davantage à domicile et, lorsque cela est possible, de se tourner vers des produits issus de l’agriculture biologique.
Concernant l’eau, les autorités rappellent que l’eau du robinet reste fortement contrôlée. En cas de dépassement des normes, des mesures spécifiques ou restrictions d’usage peuvent être mises en place. Elle demeure donc l’option privilégiée face à certaines eaux conditionnées pouvant également poser d’autres enjeux environnementaux.
Changer quelques habitudes dans la cuisine
Autre axe majeur : les ustensiles et contenants utilisés au quotidien. Le ministère conseille de limiter l’usage des emballages résistants aux graisses ou à l’humidité, souvent susceptibles de contenir des PFAS.
Dans la cuisine, mieux vaut aussi se détourner des poêles antiadhésives abîmées, des bouilloires en plastique vieillissantes ou des contenants plastiques usés. À la place, les matériaux comme le verre, l’inox ou la fonte sont mis en avant.
Il est également déconseillé de réchauffer des aliments dans des boîtes en plastique, surtout au micro-ondes, afin d’éviter d’éventuels transferts de substances chimiques vers la nourriture.
Mieux entretenir son intérieur
L’exposition ne se limite pas à l’alimentation. Les PFAS peuvent aussi être présents dans les poussières domestiques, certains revêtements ou produits ménagers. Pour cette raison, le ministère recommande d’aérer son logement au moins dix minutes chaque jour.
Le nettoyage humide des sols est aussi encouragé, afin de limiter la remise en suspension des poussières. Les produits ménagers simples, comme le savon noir ou le vinaigre blanc, sont privilégiés plutôt que les formules très chimiques ou multifonctions.
Les autorités invitent également à réduire l’usage des sprays imperméabilisants, détachants ou traitements textiles spécifiques, parfois susceptibles de contenir ces composés.
Cosmétiques et vêtements dans le viseur
Les produits cosmétiques sont eux aussi concernés. Mascaras waterproof, fonds de teint longue tenue ou rouges à lèvres très résistants peuvent contenir certains composés fluorés. Le ministère recommande donc de privilégier des formules plus simples, idéalement certifiées bio.
Même logique pour l’habillement : les vêtements en fibres naturelles, les articles de seconde main ou les marques engagées dans des démarches sans PFAS sont encouragés. Une manière de réduire progressivement l’exposition, tout en soutenant des modes de consommation plus responsables.
Des risques sanitaires de mieux en mieux établis
Si tous les PFAS ne présentent pas le même niveau de dangerosité, plusieurs études ont déjà mis en évidence des effets préoccupants sur la santé. Parmi eux : augmentation du cholestérol, troubles de la fertilité, impacts sur le développement du fœtus, perturbations hormonales ou encore hausse du risque de certains cancers.
Face à ces constats, les pouvoirs publics misent désormais sur une double stratégie : mieux encadrer l’usage industriel de ces substances et sensibiliser la population aux bons réflexes du quotidien.
En attendant des réglementations plus strictes à grande échelle, ces gestes simples apparaissent comme le premier rempart accessible à chacun contre les « polluants éternels ».
