Le ralentissement de l’économie française s’accentue en mars 2025, selon les dernières données de l’institut S&P Global. Le moral des entreprises chute à son niveau le plus bas depuis le premier confinement de la pandémie de Covid-19.
L’économie française peine à reprendre son souffle. En mars 2025, l’activité du secteur privé a poursuivi sa contraction, dans un contexte de stagnation économique et d’inquiétudes croissantes chez les chefs d’entreprise. L’indice composite de l’activité globale, publié ce vendredi 22 mars par S&P Global, chute à 47,7 points, contre 48,1 en février. Un score en dessous de la barre des 50 indique une baisse de l’activité.
Cette nouvelle baisse confirme que la reprise reste très fragile. L’économie continue de naviguer à vue, impactée par un climat d’incertitude qui ne cesse de s’épaissir.
L’industrie en souffrance, les services en panne
Si le secteur des services tente de résister, il ne parvient pas à compenser le déclin prolongé de l’industrie manufacturière, véritable maillon faible de l’économie française depuis plusieurs trimestres. Selon S&P Global, l’industrie tricolore enregistre une nouvelle chute significative de sa production, touchée de plein fouet par la baisse des commandes, des exportations et une compétitivité affaiblie.
Dans les services, la situation est à peine meilleure. L’activité y ralentit également, et le dynamisme observé en début d’année semble déjà s’essouffler. Le secteur, qui représente une large part du PIB français, est miné par une demande plus faible et des perspectives économiques incertaines.
Une confiance au plus bas depuis la crise sanitaire
Plus préoccupant encore : la confiance des entreprises dans l’avenir chute drastiquement. Selon S&P Global, les perspectives d’activité pour les douze mois à venir atteignent leur plus bas niveau depuis avril 2020, au plus fort de la crise liée à la pandémie de Covid-19. Une comparaison qui en dit long sur le climat ambiant.
« Les entreprises françaises sont devenues nettement plus pessimistes, ce qui reflète une combinaison de pressions économiques, d’incertitudes géopolitiques et d’une faible demande intérieure », souligne Norman Liebke, économiste chez Hamburg Commercial Bank, partenaire de l’enquête.
Des freins structurels et conjoncturels
Plusieurs facteurs expliquent cette morosité. Sur le plan conjoncturel, les tensions internationales, notamment au Moyen-Orient et en Europe de l’Est, continuent d’alimenter l’instabilité des marchés. L’inflation, bien qu’en repli par rapport à 2023, reste suffisamment élevée pour peser sur le pouvoir d’achat des ménages et ralentir la consommation.
D’un point de vue plus structurel, la France fait face à des défis persistants en matière de productivité, d’investissement industriel et de transition énergétique. La hausse des coûts de financement, liée au resserrement monétaire de la Banque centrale européenne, complique également la tâche des entreprises, notamment les PME, déjà fragilisées.
Quelles perspectives pour le printemps ?
Alors que le printemps approche, les économistes espéraient un regain d’activité porté par une amélioration de la consommation et une baisse progressive des taux d’intérêt. Mais les données de mars viennent refroidir ces espoirs. L’activité reste anémique, et rien ne laisse présager d’un redressement rapide.
L’exécutif, qui compte sur une reprise pour respecter ses engagements budgétaires, pourrait devoir revoir ses prévisions. Bercy mise toujours sur une croissance de 1 % en 2025, mais cette estimation apparaît de plus en plus optimiste au vu des signaux actuels.
Un climat à surveiller de près
L’évolution de l’économie française dans les prochains mois dépendra de plusieurs variables : la trajectoire de l’inflation, les décisions de la BCE en matière de taux, l’évolution de la situation géopolitique et la capacité du gouvernement à soutenir l’investissement et la demande.
En attendant, le mois de mars sonne comme un nouveau signal d’alarme. À défaut d’un véritable sursaut, l’économie française semble condamnée à une stagnation prolongée, sous le poids de ses incertitudes.
