Les ménages britanniques vont devoir faire face à une nouvelle augmentation de leurs dépenses énergétiques. L’autorité de régulation du secteur, l’Ofgem, a annoncé mercredi une hausse de 4 % du plafond des prix de l’énergie à compter du mois d’octobre. Une évolution qui intervient seulement quelques mois après une augmentation de 13 % en juillet.
Pour un foyer disposant d’une consommation moyenne, ce nouveau relèvement devrait représenter environ 5 livres supplémentaires par mois, soit près de 6 euros. La mesure risque donc d’accentuer les difficultés liées au coût de la vie, alors que le pouvoir d’achat figure parmi les principales priorités du nouveau Premier ministre travailliste Andy Burnham.
Les prix du gaz sous pression
Cette nouvelle hausse s’explique principalement par l’évolution des marchés de l’énergie. Selon l’Ofgem, les tensions persistantes au Moyen-Orient ont contribué à faire progresser les prix de gros du gaz.
La situation reste néanmoins très différente de celle observée au plus fort de la crise énergétique de 2022. Les tarifs actuels demeurent sensiblement inférieurs aux niveaux records atteints à cette période.
Révisé tous les trois mois, le plafond fixé par le régulateur détermine le montant maximal que les fournisseurs peuvent appliquer aux consommateurs concernés par les tarifs par défaut. Son évolution tient notamment compte des prix de gros afin de protéger les ménages tout en permettant aux entreprises du secteur de couvrir leurs coûts.
Les Britanniques ayant souscrit une offre à prix fixe ne sont donc pas directement concernés de la même manière par ces ajustements.
Le gouvernement mise sur une baisse de la TVA
Face à une hausse qui était largement anticipée, le gouvernement avait déjà annoncé une mesure destinée à alléger les dépenses des ménages. Peu après son arrivée au pouvoir en juillet, Andy Burnham avait ainsi promis une réduction de la TVA appliquée aux factures d’électricité à partir d’octobre.
Selon les estimations communiquées par le gouvernement, cette baisse fiscale devrait représenter une économie annuelle d’environ 45 livres, soit près de 53 euros, pour un foyer moyen. Elle ne s’appliquera toutefois pas aux factures de gaz.
L’effet de la mesure pourrait par ailleurs être en partie absorbé par l’augmentation des prix de l’énergie. L’Ofgem prévient ainsi que les consommateurs pourraient ne pas constater intégralement la baisse attendue sur leurs factures d’électricité compte tenu du niveau toujours élevé des prix du gaz sur les marchés de gros.
Le coût de la vie au centre des préoccupations
L’énergie représente également un enjeu majeur pour l’évolution générale des prix au Royaume-Uni. En juillet, l’inflation est remontée à 2,9 % sur un an, enregistrant sa première accélération depuis le mois de mars. L’augmentation du plafond énergétique a participé à cette progression.
Le gouvernement souligne que les tensions géopolitiques et leurs conséquences sur les marchés internationaux échappent en grande partie à son contrôle. Andy Burnham a néanmoins promis de nouvelles initiatives pour soutenir le pouvoir d’achat des Britanniques.
Les prochaines semaines devraient donc être particulièrement suivies. À l’approche de la présentation du budget prévue le 28 octobre, les interrogations se multiplient sur les mesures susceptibles d’être annoncées, qu’il s’agisse de nouvelles aides aux ménages ou d’éventuelles évolutions de la fiscalité.
Après plusieurs années marquées par une forte volatilité des prix de l’énergie, leur évolution reste ainsi l’un des principaux défis économiques et politiques du Royaume-Uni.
