Dans un scandale qui porte déjà le nom de “pfizergate”, la justice européenne porte un coup sévère à l’encontre de la présidente de la Commission. Elle exige des explications dur la disparition controversée de ses échanges avec le pdg de Pfizer pendant la crise COVID.
Une correspondance controversée
Mercredi dernier, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE), basée à Luxembourg, a donné raison à une journaliste du New York Times contre la Commission. Celle-ci a demandé l’accès à des SMS échangés en 2021 entre la cheffe de l’exécutif européen et Albert Bourla, patron du géant pharmaceutique américain.
Ces messages auraient joué un rôle déterminant dans la négociation d’un contrat colossal sur l’achat de 1,8 milliards de doses de vaccin anti-COVID conclu il y a quatre ans. Leur contenu reste toutefois introuvable. La Cour a affirmé que la Commission n’avait pas fourni d’arguments “crédibles” pour expliquer cette situation.
L’absence de transparence nourrit les inquiétudes quant au risque d’infraction au principe de libre concurrence.
Un accès journalistique d’abord refusé
Le recours du New York Times avait d’abord été rejeté en 2022, bien qu’il se fondait initialement sur le principe d’accès à des documents publics. La journaliste avait argué que les SMS de personnes publiques dans un cadre institutionnel devaient être archivés et consultables. Le refus de la Commission avait été perçu comme une entrave au droit à l’information.
Le revers juridique intervient dans un contexte délicat où Van Der Leyen est en quête d’un second mandat à la tête de l’exécutif européen. Une partie de l’opinion publique, en particulier celle déjà hostile aux institutions supranationales, se sent frustrée et le vote pourrait profondément influencer sa carrière.
La Commission ne veut rien lâcher
La présidente de la Commission a toujours esquivé les questions, même lorsque des eurodéputés cherchaient à obtenir davantage de réponses. La CJUE a clairement estimé que cette position était inappropriée et que la Commission devait fournir davantage d’explications.
D’autres démarches d’enquête pourraient débuter et aboutir à l’audition de la présidente devant le Parlement européen. Cette affaire ravive un vieux débat au sein de l’UE, à savoir celui d’une réglementation stricte des échanges informels entre hauts responsables politiques et industriels.
Les prises de décisions sont de plus en plus influencées par les messageries numériques entre individus haut placés. La question de l’archivage des conversations et de leur accessibilité devient cruciale, mais pose aussi la question de la confidentialité. Le “pfizergate” pourrait bien marquer un tournant dans l’encadrement de la gouvernance européenne.
