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TikTok dans le viseur de l’Assemblée Nationale

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Le 10 juin 2025, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une confrontation inédite entre le monde politique et celui des influenceurs. À l’initiative d’Arthur Delaporte, député PS du Calvados, une commission d’enquête s’est penchée sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Face à lui, cinq figures controversées de la plateforme ont été appelées à s’expliquer. Une audition tendue, à la mesure des inquiétudes croissantes autour de l’impact du réseau social sur la jeunesse.

Une commission pour décortiquer l’influence de TikTok

Depuis plusieurs mois, Arthur Delaporte mène une croisade assumée contre ce qu’il considère comme les dérives d’un « écosystème numérique toxique ». À la tête d’une commission d’enquête parlementaire consacrée aux effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, le député socialiste souhaite faire toute la lumière sur les pratiques de la plateforme, et sur le rôle parfois trouble des influenceurs qui y prospèrent.

C’est dans ce contexte qu’il a convoqué mardi cinq figures populaires mais polémiques de TikTok : Alex Hitchens, AD Laurent, Nasdas, Julien Tanti et Manon Tanti. Des noms bien connus des adolescents français, suivis par des centaines de milliers, voire des millions de jeunes internautes, mais régulièrement épinglés pour des contenus jugés inadaptés, voire dangereux.

Une audition sous tension

L’ambiance était électrique dès l’ouverture des débats. Face aux députés, les influenceurs ont tour à tour tenté de se défendre, parfois maladroitement, parfois avec provocation. Alex Hitchens, réputé pour ses vidéos provocatrices, a réfuté toute responsabilité directe dans les comportements des jeunes internautes. « On est là pour divertir, pas pour éduquer », a-t-il lancé, provoquant la réaction immédiate de plusieurs élus.

Nasdas, connu pour ses vidéos de « cash drop » (distributions d’argent filmées), a été vivement interrogé sur l’impact de ses contenus sur des adolescents en quête de modèles. « Je ne pousse personne à faire pareil, je montre juste ma réalité », a-t-il répondu, visiblement agacé par le ton accusateur des questions.

Arthur Delaporte, maître d’œuvre de cette commission, n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une « marchandisation de l’attention des mineurs », nourrie par des algorithmes opaques et un contenu qui « banalise la violence, les stéréotypes et les conduites à risque ».

TikTok sous pression politique

Au-delà de ces échanges, cette audition symbolise une montée en puissance des préoccupations politiques autour de TikTok. Plateforme prisée par les adolescents, elle est souvent accusée de promouvoir des contenus sensationnalistes, sexualisés ou violents, au détriment du bien-être psychologique des plus jeunes. L’opacité de ses algorithmes et sa capacité à capter l’attention pendant des heures inquiètent les autorités sanitaires et éducatives.

La commission d’enquête vise justement à documenter ces effets, en s’appuyant sur les témoignages d’experts, de psychologues, de chercheurs… mais aussi des influenceurs eux-mêmes. Ces derniers, souvent auto-entrepreneurs et sans encadrement professionnel, naviguent dans un vide réglementaire que certains parlementaires souhaitent combler.

Encadrer une industrie encore floue

Arthur Delaporte milite depuis plusieurs mois pour une régulation plus stricte des contenus en ligne accessibles aux mineurs. Il réclame davantage de transparence sur les algorithmes, un renforcement de l’éducation numérique dès le collège, ainsi que des sanctions claires en cas de dérives.

Cette audition, bien que tendue, pourrait marquer un tournant. Elle a mis en lumière l’écart grandissant entre le pouvoir d’influence numérique de certaines figures publiques et leur responsabilité effective. « Ce n’est pas une chasse aux sorcières », a conclu le député socialiste, « mais une prise de conscience collective qu’il y a des limites à poser, surtout quand il s’agit de protéger les plus jeunes. »

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