États-Unis : un an après le retour de Trump, une économie en apparence solide mais des fragilités persistantes

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Un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump revendique un redressement économique rapide, présenté comme la rupture avec le mandat « inflationniste et faible » de Joe Biden. La Maison-Blanche se félicite d’indicateurs « au vert » et d’un regain de compétitivité. Pourtant, le tableau est loin d’être homogène et plusieurs signaux laissent entrevoir des tensions sous la surface.

Croissance portée par l’intelligence artificielle

En 2025, la croissance américaine a ralenti par rapport à 2024 (2,8 %), mais demeure positive, estimée entre 1,8 % et 2,2 % sur l’année. Le troisième trimestre, marqué par 4,3 % de progression, a même surpris les analystes. Comparés aux économies européennes, les États-Unis affichent un dynamisme supérieur, même si la flambée des coûts de production et les disputes commerciales inquiètent les économistes.

La bonne tenue du PIB doit toutefois beaucoup à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et des centres de données, désormais à l’origine de près de 40 % de la croissance selon plusieurs estimations. L’essor technologique masque cependant la faiblesse de secteurs structurels comme l’immobilier, encore largement convalescent depuis la crise de 2008-2009.

Un chômage stable, mais des créations d’emplois au plus bas

Le chômage est resté sous la barre des 5 %, atteignant 4,6 % en novembre 2025. Mais ce chiffre flatteur ne reflète pas la faiblesse du marché de l’emploi : seules 55 000 créations en moyenne par mois ont été enregistrées l’an dernier, contre près de 200 000 durant les deux dernières années de Biden. Business Insider évoque « la plus faible croissance de l’emploi depuis 2003 hors récession ».

En toile de fond, les hausses de droits de douane voulues par Trump alimentent l’incertitude. « Les entreprises hésitent à recruter ou investir sans savoir comment les tarifs vont se répercuter sur l’économie », analyse un spécialiste d’UBS cité par le média. Les promesses industrielles du président en matière d’automobile et de manufacture n’ont pas encore produit d’effets tangibles.

Une balance commerciale moins déficitaire

Les États-Unis restent déficitaires, mais le déficit commercial s’est réduit à son plus bas niveau depuis 2009 en octobre 2025. Les exportations ont été dopées par les matières premières et les biens intellectuels, tandis que les importations ont reculé, notamment pour les produits pharmaceutiques. Le tourisme a stimulé les échanges dans les services.

Coût de la vie en hausse et inégalités accrues

L’inflation est redescendue à 2,7 % en décembre 2025, mais dépasse toujours l’objectif de la Fed. Les prix de l’énergie (+4,2 %), de l’alimentation (+2,6 %) et du logement (+3 %) pèsent sur le pouvoir d’achat. Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump renchérissent plusieurs produits importés — tomates, avocats, café — parfois de 20 %.

Trump avait promis de défendre les ménages modestes ; mais selon le Center for Economic and Policy Research (CEPR), les inégalités de revenus et de patrimoine se sont creusées en 2025, les baisses d’impôts bénéficiant majoritairement aux ménages aisés.

Des marchés financiers euphoriques

Wall Street a profité de la première année du second mandat : le S&P 500 a progressé de 17,7 %, le Nasdaq de 22,1 %, porté par la tech et l’IA. Quelques secteurs — immobilier côté et santé — ont en revanche souffert.

Mais cette prospérité ne profite pas uniformément : seuls 60 % des Américains possèdent des actions, et les ménages à faibles revenus y sont quasi absents. Selon le CEPR, « l’immense majorité des gains boursiers profite aux plus riches ». La famille Trump ne fait pas exception : sa fortune aurait presque doublé en 2025.

Un bilan en clair-obscur

La trajectoire américaine semble robuste vue de loin, mais dépend fortement d’un moteur technologique fragile et d’un contexte géopolitique incertain. Les effets de la politique douanière, l’évolution des inégalités et la stagnation de l’emploi industriel seront scrutés de près dans les prochains mois, à l’heure où Trump continue de promettre un retour de l’Amérique « factory-first ».

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