Trop longtemps resté dans l’ombre du bitcoin, l’ether connaît un regain de dynamisme qui alimente les spéculations. Selon l’entrepreneur crypto Mike Novogratz, la deuxième cryptomonnaie du marché pourrait surperformer le bitcoin dans les prochains mois. Un scénario crédible à l’aune de ses performances récentes et de l’intérêt croissant des investisseurs.
Une dynamique favorable pour l’ether
Alors que le bitcoin a atteint un nouveau sommet historique au-dessus des 120.000 dollars mi-juillet, l’ether n’a toujours pas franchi la barre symbolique des 4.000 dollars, restant en retrait par rapport à son record de novembre 2021. Pourtant, l’évolution récente du marché donne un tout autre éclairage. En l’espace de trois mois, l’ether a progressé de 112 %, contre seulement 23 % pour le bitcoin, selon les chiffres relayés par Mike Novogratz sur CNBC.
Pour le patron de Galaxy Digital, cette tendance est loin d’être anecdotique. « Le discours sur l’ether est vraiment puissant », affirme-t-il. « Il a beaucoup rattrapé son retard. » Selon lui, l’ether dispose désormais de « grandes chances » de surperformer le bitcoin d’ici trois à six mois, dans un marché qui semble de plus en plus réceptif à sa logique.
Une crédibilité renforcée par les ETF
L’un des moteurs de cette montée en puissance est sans conteste l’émergence des ETF ether spot, ces fonds indiciels permettant d’investir directement dans l’actif numérique. Depuis leur lancement, ces produits financiers ont enregistré plus de 9 milliards de dollars d’entrées, illustrant l’intérêt massif des investisseurs institutionnels pour la deuxième cryptomonnaie du marché.
À l’image de ce qui s’est produit avec le bitcoin, l’arrivée des ETF a eu un effet de levier sur la valeur perçue de l’ether. Elle a également contribué à normaliser son usage dans des stratégies de trésorerie d’entreprise : certaines sociétés, comme BitMine Immersion, ont déjà annoncé avoir ajouté de l’ether à leur bilan.
Cette reconnaissance institutionnelle, longtemps réservée au seul bitcoin, rebat les cartes de la hiérarchie du marché, et alimente les scénarios d’un renversement possible à moyen terme.
Le retour du « flippening » ?
Dès que l’ether montre des signes de surperformance, un mot refait surface dans l’écosystème crypto : le flippening. Ce terme, apparu pour la première fois en 2017, désigne le moment hypothétique où l’ether dépasserait le bitcoin en termes de capitalisation boursière.
Un scénario encore lointain au regard des chiffres actuels : le bitcoin pèse aujourd’hui plus de 2.300 milliards de dollars, tandis que l’ether plafonne autour des 469 milliards. Mais pour certains analystes, l’écart pourrait se réduire rapidement si la dynamique actuelle se poursuit.
Certes, le bitcoin conserve sa position de valeur refuge, notamment en période d’incertitude financière. Mais l’ether, avec son écosystème plus riche – basé sur les smart contracts, la DeFi, les NFT ou encore les DApps – offre des cas d’usage plus diversifiés, ce qui en fait un actif à fort potentiel sur le long terme.
Une révolution silencieuse ?
Derrière les chiffres bruts, le repositionnement de l’ether se fait aussi dans les usages. Contrairement au bitcoin, qui est essentiellement perçu comme un « or numérique », l’ether alimente toute une infrastructure numérique : le réseau Ethereum, sur lequel reposent des milliers de projets innovants.
Depuis la transition vers Ethereum 2.0 et l’abandon du « proof of work » pour le « proof of stake », l’ether se veut plus écologique, plus scalable et plus rapide, autant de critères qui séduisent les investisseurs soucieux de durabilité.
Les volumes de transaction, les frais générés et l’activité des développeurs sur Ethereum confirment cette montée en puissance. Reste à savoir si cette avancée technologique pourra un jour se traduire par une domination financière réelle sur le bitcoin.
