Situé sur la côte ouest de Tahiti, le centre culturel ‘Arioi a pour objectif de faire vivre la culture. Il accueille, entre autres, de jeunes pris en charge par la protection judiciaire.
Hinatea Colombani est combative et joyeuse. Cette jeune femme a également des idées et des valeurs inarrêtables. En 2016, elle a fondé avec son compagnon Moeava Meder le centre culturel ‘Arioi, basé sur la côte ouest de Tahiti.
« Il s’agit d’un espace d’encouragement à la culture polynésienne pour tous et d’engagement par la transmission de savoir-faire de pratiques culturelles traditionnelles », précise Hinatea Colombani. Le centre à pour mission de rattacher les Polynésiens à leur histoire, leur passé, tout en les invitant à se tourner vers l’avenir.
Musique, chant, danse…
Dans ce contexte, des cours de chant, de danse et de musique sont proposés. ‘Arioi organise également des ART-teliers brunch et culture, permettant d’apprendre à confectionner du tapa et à manipuler des teintures végétales et minérales. Le tapa est une étoffe végétale qui s’obtient en battant l’écorce de certaines espèces d’arbre pendant des heures. Ce sont les îles du Pacifique qui ont été les premières à fabriquer traditionnellement le tapa
Le centre s’est lancé dans une étude de préfaisabilité dédiée à l’élaboration d’une filière de tapa qui respecte l’économie sociale et solidaire. Hinatea Colombani et Moeava Meder ont exposé une pièce de tapa Te Pū’ohu en guise de candidature à la Grande exposition du fabriqué en France, qui sera organisée au Palais de l’Elysée en octobre prochain.
Une centre prônant la réinsertion
‘Arioi a également pour objectif de favoriser la réinsertion. Entre mai et décembre, le centre accueille des jeunes pris en charge par la protection judiciaire dans le cadre d’un programme nommé « Dans ma bulle ».
Le programme comprend plusieurs interventions par semaine. Une première expérimentation réussie avait été effectuée il y a un an sur cinq semaines consécutives. « En arrivant, les jeunes ne disaient pas bonjour. Ils te regardaient, les bras croisés », indique Hinatea Colombani. En sortant de ce qu’‘Arioi a appelé un Heiva, en référence au concours traditionnel annuel de chant et de danse, les jeunes avaient changé. « Ils étaient plus détendus et surtout ils nous faisaient confiance », affirme Moeava Meder.
Ces jeunes âgés de 15 à 18 ans avaient été pris en charge par la justice après avoir commis des délits. Au centre, ils ont appris à cuisiner, à chanter, à danser. Ils ont aussi écouté des histoires et des légendes, et ont (re)trouvé les repères qui leur manquaient. Une jeune tahitienne de 17 ans avait quitté l’école tôt. Elle boxait depuis son enfance, pratiquait le muay-thaï et la musculation, et faisait du combat de rue. L’adolescente a eu un coup de cœur pour la danse dans le centre. Elle a trouvé de la joie de vivre et l’envie de se reprendre en main. L’avenir des jeunes devient possible grâce au programme « Dans ma bulle ».
Le nouveau groupe est constitué de jeunes âgés de 13 à 21 ans. Ces derniers participent à plusieurs activités. Au-delà des pratiques artistiques, ils apprennent à fabriquer des hameçons avant d’aller pêcher, par exemple, ou encore des produits cosmétiques avec des ingrédients naturels. Ils ont aussi l’occasion de mettre la main dans la terre pour jardiner, ou de faire de la randonnée. Les activités ont débuté le 28 mai dernier.
