Depuis vendredi 26 septembre, les Français abonnés au service Ameli reçoivent davantage de notifications dans leur boîte de messagerie. L’Assurance maladie a en effet lancé une vaste campagne de sensibilisation afin de renforcer la lutte contre les fraudes aux frais de santé. L’objectif est clair : inciter chaque assuré à vérifier ses remboursements et à signaler toute anomalie.
Une vigilance collective renforcée
Désormais, chaque fois qu’une dépense de santé est remboursée, un message électronique est envoyé à l’assuré concerné, dans un délai d’une dizaine de jours après l’utilisation de la carte Vitale. Le mail invite l’usager à se connecter à son espace personnel Ameli pour consulter le détail de l’opération.
« Ces notifications rappellent, en toute transparence, ce que la solidarité nationale prend en charge », explique Marc Scholler, directeur financier de l’Assurance maladie, dans un message publié sur LinkedIn. L’idée est de responsabiliser les bénéficiaires et de leur donner un rôle actif dans la détection des irrégularités.
Des surfacturations encore trop fréquentes
Si les fraudes commises par les assurés existent bel et bien, ce sont surtout celles provenant de certains professionnels de santé qui pèsent lourd dans les comptes de la Sécurité sociale. En 2024, plus de 628 millions d’euros de fraudes ont été identifiés et stoppés. Près de 70 % de ce montant provenaient d’actes fictifs ou de facturations gonflées, rendues plus difficiles à repérer avec le système du tiers payant.
Les exemples ne manquent pas : un simple soin dentaire surfacturé, un examen jamais réalisé mais facturé comme tel, ou encore une série d’actes médicaux inventés. Avec le nouveau système d’alerte par mail, l’assuré pourra, en quelques clics, signaler ces anomalies et ainsi contribuer à limiter les abus.
Un enjeu financier et solidaire
L’opération se veut pédagogique autant que dissuasive. « Ce n’est pas parce qu’on ne paie pas directement que c’est gratuit », rappelle Marc Scholler. L’Assurance maladie affiche en effet un déficit de près de 14 milliards d’euros en 2024, un chiffre qui illustre l’importance de préserver l’intégrité du système.
En donnant un « pouvoir d’alerte » aux usagers, la Sécu espère multiplier les contrôles et accélérer la détection des fraudes. La démarche repose sur l’idée d’une vigilance collective, chaque assuré devenant une sentinelle au service de la solidarité nationale.
