À partir de 2026, les Français devront composer avec une nouvelle hausse du coût de l’énergie. Derrière ce mouvement, un mécanisme encore méconnu du grand public : les certificats d’économies d’énergie (CEE). Pensé pour financer la transition énergétique sans alourdir les dépenses de l’État, il repose sur les fournisseurs d’énergie… et finit donc par se répercuter sur les factures des particuliers. Alors que les objectifs du dispositif vont être relevés, le prix de l’électricité, du gaz et même des carburants devrait suivre la même courbe ascendante dès le 1er janvier.
Les CEE, moteur discret de la transition énergétique
Mis en place pour pousser les acteurs du secteur à encourager la sobriété, les certificats d’économies d’énergie imposent aux fournisseurs – qu’il s’agisse d’électricité, de gaz ou de carburants – de financer des travaux permettant de réduire durablement les consommations. Isolation, changement d’équipement, installation de pompes à chaleur, remplacement d’une vieille chaudière, acquisition d’un véhicule électrique… Ce sont plus de 200 opérations qui peuvent aujourd’hui bénéficier de ce soutien financier.
Entre 2026 et 2030, le gouvernement prévoit de muscler ce dispositif : l’obligation imposée aux entreprises augmentera de 27 %. Le volume financier associé atteindra ainsi près de 8 milliards d’euros, contre 6 milliards actuellement. Une montée en puissance essentielle pour accélérer la transition énergétique, mais dont le coût ne pourra qu’être absorbé, in fine, par les consommateurs.
Comment les ménages profitent-ils du dispositif ?
Pour les particuliers, les CEE se traduisent par des primes ou des remises proposées directement par les fournisseurs d’énergie. Une fois l’offre choisie, un artisan certifié RGE réalise les travaux, et l’aide est versée ou déduite du montant de la facture. Les CEE peuvent aussi venir compléter d’autres dispositifs publics, à commencer par MaPrimeRénov’, ce qui permet parfois de réduire largement le coût d’un projet de rénovation thermique.
Si le système favorise l’accès à des équipements plus performants, son financement repose entièrement sur les énergéticiens. Ceux-ci répercutent donc mécaniquement leurs dépenses sur le tarif final payé par les ménages.
2026 : des factures d’énergie sous tension
Avec l’augmentation des obligations, l’impact sur le porte-monnaie sera notable. Selon plusieurs estimations, la hausse moyenne pourrait atteindre environ 150 euros par foyer et par an dès 2026. Certains fournisseurs commencent déjà à préparer leurs clients à ces évolutions. Engie évoque par exemple une augmentation de l’ordre de 3,5 % du budget annuel pour ses abonnés au tarif « Passerelle », hausse liée à la fois aux CEE et au développement du biogaz.
L’électricité n’y échappera pas non plus : si les tarifs dépendent de nombreux facteurs, la contribution des CEE au prix final progressera mécaniquement avec le durcissement du dispositif.
Carburants : une hausse programmée dès le 1er janvier
Pour les automobilistes, la facture s’alourdira très rapidement. Dès le 1er janvier, les prix à la pompe devraient grimper de 4 à 6 centimes par litre, selon l’Union française des industries pétrolières. Aujourd’hui, la part des CEE est estimée à environ 11 centimes par litre. En 2026, elle pourrait atteindre 15 à 17 centimes.
Le marché des carburants étant totalement libéralisé, chaque distributeur est libre de fixer ses prix. Mais les professionnels s’accordent : cette augmentation sera difficilement évitable et devrait être intégralement répercutée.
Un dispositif utile mais sous surveillance
Si les CEE constituent un outil majeur de la politique énergétique française, ils font l’objet de critiques récurrentes. La Cour des comptes comme l’UFC-Que Choisir pointent des fraudes, des dérives dans certains chantiers et des contrôles jugés insuffisants. Dans certains cas, les certificats délivrés ne correspondraient pas à de réelles économies d’énergie.
Pour restaurer la confiance et assainir le marché, l’exécutif prévoit un renforcement des contrôles, accompagné d’un doublement des effectifs chargés des inspections. L’objectif est clair : garantir que chaque certificat corresponde à un gain énergétique tangible.
