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Glucksmann veut modérer les tensions autour de l’A69

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Alors que les affrontements autour du chantier de l’autoroute A69 ont enflammé le débat public, Raphaël Glucksmann dénonce une surenchère verbale venue de la droite et de l’extrême droite. Tout en condamnant les violences commises par certains manifestants, l’eurodéputé appelle à éviter les mots qui attisent les tensions et banalisent des termes graves.

Une manifestation sous haute tension, Glucksmann réagit

Samedi, dans le Tarn, la mobilisation contre la reprise des travaux de l’autoroute A69 a dégénéré. Si l’essentiel du rassemblement s’est déroulé dans le calme, certains groupes ont affronté les forces de l’ordre à coups de projectiles, de boules de pétanque et de cocktails Molotov. Des scènes que Raphaël Glucksmann condamne sans équivoque.

Invité sur BFMTV dimanche, le chef de file de Place publique a rappelé que « la noblesse d’une cause ne justifie pas tous les moyens », insistant sur la nécessité de préserver un cadre démocratique dans les luttes écologistes, aussi légitimes soient-elles.

Des mots qui dépassent les bornes ? Glucksmann appelle à la modération

Mais c’est surtout la réaction politique à ces incidents qui a fait bondir Glucksmann. En ligne de mire : le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le sénateur Bruno Retailleau, et Marine Le Pen. Le premier a parlé de « barbares sans limites », la seconde a évoqué des actes d’« écoterrorisme ».

Des propos que l’eurodéputé juge dangereux : « Quand j’entends ces termes, je me demande comment on qualifie alors Daesh », a-t-il lancé. Pour lui, cette dérive sémantique alimente un climat délétère et tend à criminaliser tout activisme environnemental, même pacifique.

L’urgence d’un débat lucide

À travers cette prise de position, Glucksmann ne cherche pas à minimiser les faits. Il reconnaît l’escalade de certaines franges radicalisées et appelle à un encadrement strict des mobilisations. Mais il souligne que l’usage de termes aussi lourds que « terrorisme » ou « barbarie » relève de l’amalgame, et empêche toute lecture politique sérieuse du conflit.

Car au-delà des incidents, le chantier de l’A69 cristallise des enjeux majeurs : artificialisation des terres, transition écologique, désobéissance civile. En taxant indistinctement les opposants de « voyous » ou de « fanatiques », une partie de la classe politique ferme la porte au dialogue démocratique.

Une tension politique révélatrice

L’affaire A69 n’est pas isolée. Depuis plusieurs mois, les luttes écologistes, des Soulèvements de la Terre à Sainte-Soline, provoquent des crispations croissantes entre militants et autorités. Et avec elles, un durcissement du discours sécuritaire. Glucksmann s’inquiète de cette pente glissante, qui voudrait opposer l’ordre républicain à l’urgence climatique.

« On ne peut pas régler des conflits de société à coups de matraque ou de slogans martiaux », estime-t-il. Il plaide pour une reconnaissance du rôle des mouvements citoyens dans la transition écologique, même s’ils peuvent déranger.

Glucksmann veut un débat plus responsable

En appelant à « descendre d’un cran », Raphaël Glucksmann invite la classe politique à sortir des outrances verbales et à traiter les questions écologiques avec le sérieux qu’elles méritent. Ni angélisme, ni diabolisation : juste un peu de mesure dans les mots, pour retrouver un peu de clarté dans les débats.

Alors que les tensions environnementales s’exacerbent, la société a besoin d’espaces de discussion, pas de champs de bataille médiatiques. Et si l’on veut éviter que la violence ne devienne la seule issue, il faudra bien commencer par changer de ton.

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