Boualem Sansal

Boualem Sansal : la condamnation confirmée

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La cour d’appel d’Alger a confirmé ce mardi matin la peine de cinq ans de prison ferme prononcée contre l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Alors que la justice a rendu son verdict, tous les regards se tournent désormais vers le président Tebboune, seul à pouvoir ouvrir la voie à une libération par mesure de grâce.

Une peine confirmée pour Boualem Sansal, sans surprise

Le verdict était redouté, il est tombé ce mardi 1er juillet à Alger. La cour d’appel a confirmé la condamnation à cinq ans de prison ferme infligée en mars dernier à Boualem Sansal, ainsi qu’une amende de 500 000 dinars (environ 3 500 euros). L’auteur de 2084, figure intellectuelle engagée à 80 ans, avait été jugé coupable d’atteinte à l’unité nationale, d’outrage à corps constitué, de pratiques nuisibles à l’économie nationale et de détention de publications menaçant la sécurité du pays.

Le parquet avait une nouvelle fois requis une peine de dix ans de réclusion et un million de dinars d’amende, mais la juridiction a choisi de s’en tenir à la sentence prononcée en première instance. Un scénario anticipé, qui pourrait bien ouvrir un autre chapitre, plus politique que judiciaire.

Un dossier désormais entre les mains du président Tebboune

Avec la décision de la cour, le champ judiciaire semble désormais clos. Mais dans les coulisses diplomatiques, l’affaire est loin d’être terminée. L’Élysée et le Quai d’Orsay misent désormais sur une sortie par le haut, via une éventuelle mesure de grâce présidentielle. Le président Abdelmadjid Tebboune, seul habilité à accorder une telle faveur, pourrait intervenir dans les jours à venir.

La date du 5 juillet, jour de la fête nationale algérienne, cristallise tous les espoirs. C’est à cette occasion que des grâces collectives sont traditionnellement prononcées. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, n’a cessé de répéter l’attente d’un « geste humanitaire » du pouvoir algérien, insistant sur la dimension symbolique et humaine du dossier.

L’affaire Boualem Sansal est hautement politique

L’arrestation et la condamnation de Boualem Sansal ont suscité une vive émotion en France, dans le monde littéraire comme dans la sphère diplomatique. L’écrivain, critique assumé du régime algérien mais toujours respectueux du dialogue entre les peuples, est devenu une figure de la liberté d’expression en danger. Sa détention, sur fond de tensions entre Paris et Alger, est scrutée au plus haut niveau de l’État français.

Côté algérien, cette condamnation a également une lecture politique. Certains observateurs estiment qu’en confirmant la peine, le régime cherche à affirmer son autorité sans pour autant fermer la porte à une issue négociée. En clair : faire respecter la justice, tout en s’ouvrant à un possible apaisement par la grâce présidentielle.

Entre indignation et espoir

Dans les cercles littéraires et intellectuels, la réaction à la confirmation de peine est marquée par une profonde indignation mêlée d’inquiétude pour la santé d’un homme âgé, déjà fragilisé. Plusieurs associations de défense des droits humains et des figures du monde culturel ont renouvelé leurs appels à la libération immédiate de Sansal.

Mais l’heure est aussi à la mobilisation diplomatique. Paris avance avec prudence, espérant que la date symbolique du 5 juillet permettra d’ouvrir une fenêtre de résolution. Sans garantie, mais avec une conviction partagée : Boualem Sansal, dont les écrits prônent la lucidité et le dialogue, mérite mieux qu’une cellule.

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