Choose Europe for Science : Emmanuel Macron veut faire de l’Europe un refuge pour les chercheurs en danger

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Lors d’une conférence à la Sorbonne, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont plaidé pour un renforcement de l’attractivité scientifique européenne. Dans un contexte de repli américain, les deux dirigeants ont dévoilé des mesures ambitieuses pour accueillir les chercheurs en quête de liberté académique.

La science comme rempart contre les dérives autoritaires : c’est le message qu’ont voulu transmettre Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen à l’occasion de la conférence « Choose Europe for Science », organisée à la Sorbonne. Devant un parterre de responsables politiques et de scientifiques européens, le président français a lancé un appel aux chercheurs étrangers, et tout particulièrement américains, qui subissent les conséquences des restrictions imposées par l’administration Trump en matière de visas et de financements.

Un appel à la liberté scientifique lancé depuis Paris

« C’est un nouvel appel de la Sorbonne que nous adressons aujourd’hui au monde », a déclaré Emmanuel Macron en ouverture de son discours. Le chef de l’État a exprimé sa volonté d’offrir à l’Europe un rôle de sanctuaire pour la recherche scientifique, en opposition à ce qu’il qualifie de « diktat de quelques-uns », en référence à la politique scientifique actuelle des États-Unis.

Ce discours fait écho à celui qu’il avait prononcé en 2017, au même endroit, sur la souveraineté stratégique européenne. Pour lui, défendre la recherche, c’est aussi défendre la démocratie libérale. « Choisir la science, c’est refuser toute forme de vassalité. Il n’y a pas de vassalité heureuse », a-t-il martelé, en insistant sur le fait que la science devait rester libre et autonome, à l’abri des pressions idéologiques.

100 millions d’euros pour attirer les talents mondiaux

Dans cet esprit, Emmanuel Macron a annoncé un investissement de 100 millions d’euros, issu du plan France 2030, pour renforcer l’accueil des chercheurs étrangers. Cet effort s’inscrit dans la continuité de la plateforme Choose France for Science, lancée en avril, et qui a déjà suscité un fort engouement : plus de 30 000 connexions ont été enregistrées, dont un tiers en provenance des États-Unis, selon le président.

Mais Emmanuel Macron a aussi souligné que cet effort devait être collectif. « Cet investissement massif ne peut se penser qu’en Européens », a-t-il affirmé, appelant les États membres à unir leurs moyens et à renforcer leur coordination autour de la politique scientifique.

Une stratégie européenne ambitieuse portée par Ursula von der Leyen

Prenant la parole juste avant Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a elle aussi dévoilé un plan conséquent pour renforcer la place de l’Europe sur la scène scientifique internationale. Elle a ainsi proposé une enveloppe de 500 millions d’euros pour la période 2025-2027, destinée à améliorer l’attractivité des institutions européennes de recherche.

Parmi les mesures annoncées : une nouvelle subvention à long terme d’une durée de sept ans, et le doublement, d’ici 2027, du complément financier versé aux bourses de recherche. Ces efforts visent à combler les lacunes encore existantes dans le soutien à la recherche au sein de l’Union, tout en offrant aux scientifiques des conditions de travail durables et compétitives.

Objectif 2030 : 3 % du PIB pour la recherche

Les deux dirigeants ont également insisté sur l’importance de pérenniser les investissements dans la recherche. Emmanuel Macron a rappelé que le budget alloué à l’enseignement supérieur en France est en augmentation, passant de 25,49 milliards d’euros en 2020 à 26,7 milliards prévus pour 2025.

De son côté, Ursula von der Leyen a réaffirmé l’objectif européen de consacrer 3 % du produit intérieur brut à la recherche et au développement d’ici 2030. Un objectif ambitieux mais nécessaire, selon elle, pour maintenir l’Europe à la pointe de l’innovation et de la découverte scientifique.

Protéger les chercheurs en exil, inscrire la liberté de la recherche dans le droit

Enfin, les deux responsables politiques ont ouvert la porte à des évolutions juridiques pour mieux protéger les chercheurs en danger. Ursula von der Leyen souhaite inscrire la liberté scientifique dans le droit européen, afin de garantir un socle légal aux libertés académiques.

Emmanuel Macron a également exprimé son soutien à l’idée de légiférer pour offrir un statut de protection renforcé aux chercheurs réfugiés. Il a notamment évoqué un projet de loi déposé à l’Assemblée nationale par l’ancien président François Hollande, visant à mieux encadrer l’accueil de ces talents souvent menacés dans leur pays d’origine.

L’Europe veut redevenir la terre d’accueil des savoirs

À travers ces annonces, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen affichent une volonté claire : faire de l’Europe une destination de choix pour les esprits brillants, une terre où la science peut s’exercer librement, loin des pressions politiques ou religieuses. Face aux incertitudes mondiales, la vieille Europe se rêve en nouveau phare du savoir.

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